Depuis l’avènement des contraceptifs oraux, les doses de proges-
tatifs comme celles des estrogènes ont été considérablement rédui-
tes. Et pour les progestatifs, on a veillé de plus en plus à limiter leur
effet anti-androgénique.
D’autre part, le choix d’une pilule monophasique (avec des doses
constantes d’estrogènes et de progestérone) permet d’éviter les ris-
ques liés à une prise inadéquate que l’on observe avec les pilules
multiphasiques : par ailleurs, on n’a pas mis en évidence de dimi-
nution de l’effet contraceptif par rapport aux pilules triphasiques, ni
de différence en termes d’arrêt de la pilule, suite à du spotting ou
des troubles du cycle.
Pourquoi l’acétate de nomégestrol ?
Le choix de l’acétate de nomégestrol (NOMAC) s’est établi selon dif-
férents critères :
1. une durée de demi-vie suffisante (en l’occurrence 46 h pour le
NOMAC),
2. une activité anti-estrogénique et légèrement anti-androgéni-
que,
3. pour préserver l’intérêt du choix d’un estrogène naturel, il faut
choisir un progestatif dénué d’activité estrogénique, androgé-
nique et minéralocorticoïde,
4. une forte affinité pour le récepteur à la progestérone,
5. une activité anti-gonadotrophique hautement sélective.
La suppression de l’ovulation s'avère optimale sous Zoely® : la
suppression de la sécrétion ovarienne est plus importante que celle
obtenue par la combinaison de drospirénone avec de l’éthinylestra-
diol, 21 jours suivis par 7 jours d’arrêt.
Pourquoi 24 jours de prise de pilule suivis de 4 jours de
placebo ?
En prolongeant la prise de pilule pendant 24 jours (au lieu des tra-
ditionnels 21 jours), on obtient une meilleure efficacité contracep-
tive et une inhibition plus nette de la croissance folliculaire. De plus,
la période de saignement est plus courte, ce qui s’avère très appré-
cié par les femmes en général.
Dès l’arrêt du traitement par Zoely®, l’ovulation peut reprendre nor-
malement : le temps moyen pour un retour de l’ovulation est de 21
jours après la prise de la dernière pilule active.
39
GYNECOLOGIE
TEMPO MÉDICAL – FÉVRIER 2012 –
Quel progestatif choisir, pour
l’associer à de l’estrogène
naturel ?
Le choix du progestatif n’est pas anodin,
car l’efficacité contraceptive et le contrôle
du cycle dépendent de l’adéquate
combinaison entre l’estrogène et le
progestatif, comme l’a expliqué le Dr Axelle
Pintiaux, du Service d’Endocrinologie
Reproductive à l’Université de Liège et du
Centre Hospitalier Régional de la Citadelle
à Liège.
Auteur :DrT.Watson, d’après l’exposé du DrAxelle Pintiaux
(ULg) lors d’une réunion organisée parTEVA
à Bruxelles le 12 janvier 2012.
QUEL PROGESTATIF EST LE MEILLEUR CANDIDAT
DANS LES PILULES ESTRO-PROGESTATIVES ?
Activités biologiques
+ efficace ; - non efficace ;
des progestatifs
+/- faiblement efficace
Progestatifs
Anti-
estro-
génique
Estro-
génique
Andro-
génique
Anti-
andro-
génique
Gluco-
corti-
coïde
Anti-
minéralo-
corticoïde
Acétate de
chlormadinone
+
-
-
+
+
-
Acétate de
cyprotérone
+
-
-
++
+
-
Diénogest
+/-
+/-
-
+
-
-
Drospirénone
+
-
-
+
-
+
Etonogestrel
(3-céto-dés-
ogestrel)
+
-
+
-
-
-
Gestodène
+
-
+
-
+
+
Lévonorges-
trel
+
-
+
-
-
-
Acétate de
médroxypro-
gestérone
+
-
+/-
-
+
-
Acétate de
nomégestrol
+
-
-
+/-
-
-
Noréthisté-
rone
+
+
+
-
-
-
Norgestimate
+
-
+
-
-
-
Progestérone
+
-
-
+/-
+
+
Afin de préserver les avantages du 17
β
-estradiol, il est préférable d'utiliser un pro-
gestatif dénué d'activité glucocorticoïde, androgénique et estrogénique. L'acétate
de nomégestrol est un bon candidat. Schindler AE et al. Classification and pharma-
cology of progestins. Maturitas 2008 ; 61 : 171-80.
1...,31,32,33,34,35,36,37,38,39,40 42,43,44