Asymptomatique, donc sous-diagnostiquée
L’ostéoporose affecte
une femme sur 3 et un homme pour 2-3
femmes
1
.
Le vieillissement de la population nous confronte à une
multiplication des cas d’ostéoporose.
L’ostéoporose affaiblit ‘silencieusement’ les os, de sorte qu’elle se
manifeste bien souvent par une première fracture, laquelle sera sou-
vent annonciatrice des suivantes car, à ce stade, une bonne partie
du squelette est déjà ‘minée’.
"Comme toutes les affections peu symptomatiques, l’ostéoporose
est sous-diagnostiquée. C’est pourquoi nous recommandons son dé-
pistage systématique dès l’âge de 55 ans. Ce dépistage repose sur
l’utilisation du FRAX
, qui calcule la probabilité de fracture ostéo-
porotique majeure dans les 10 ans en fonction des facteurs de ris-
que présents. L’ostéodensitométrie a une grande spécificité, mais
souffre d’une sensibilité imparfaite et d’un coût relativementélevé.
C’est pourquoi elle vient après le FRAX qui aide en effet à poser la
bonne indication. Une ‘ostéo’ positive conditionne le remboursement
du traitement de l’ostéoporose."
Silencieuse, mais redoutable
L’ostéoporose entreprend d’abord l’os trabéculaire. Des ostéoclas-
tes activés perforent les travées osseuses et font perdre aux os leur
élasticité. Cela se traduit par des fractures du poignet (fractures de
Pouteau), puis des vertèbres (tassements). Si les premières sont re-
lativement bénignes (algodystrophie cependant dans 4-5 % des
cas), les secondes, plus douloureuses, réduisent la mobilité (douleurs
au mouvement dans la vie de tous les jours) et s’accompagnent
d’une mortalité non négligeable. Après 75 ans, la perte de densité
minérale affaiblit aussi l’os cortical. Le prototype de la fracture pé-
riphérique est la redoutable fracture du col du fémur, qui entraîne
une importante morbimortalité dans les mois qui suivent.
Une réponse efficace
Le traitement de l’ostéoporose est efficace… lorsqu’il est pris!
L’expérience montre en effet que l’
adhérence thérapeutique
aux
traitements oraux n’est pas optimale,
de l’ordre de 30 à 50 %
à
un an
2
. La formulation hebdomadaire des bisphosphonates n’amé-
liore que peu les choses, la mensuelle non plus (par exemple un ou-
bli laisse une patiente sans protection durant un mois).
La formu-
lation parentérale
se satisfait par contre, selon les cas, d’une
injection annuelle et
répond
en grande partie
à cet important pro-
blème
de compliance
3
.
"Cela fait environ 10 ans que nous utilisons l’acide zolédroni-
que (Aclasta®) dans notre service
, d’abord dans un cadre expé-
rimental et depuis environ 6 ans dans notre pratique quotidienne.
Les perfusions annuelles prennent environ un quart d’heure et peu-
vent être réalisées par les médecins traitants ou par des infirmières,
au domicile (NovaNurses par exemple) comme à l’hôpital. Dans no-
tre service, les rappels annuels sont informatisés."
33
RHUMATOLOGIE
Le
vieillissement de la
population
nous confronte à
une
multiplication des cas
d’ostéoporose.
TEMPO MÉDICAL – FÉVRIER 2012 –
ACL-10-01/12-7690
15 minutes de perfusion pour un an
de protection
Alors que le nombre de cas d’ostéoporose est appelé à augmenter avec le
vieillissement de la population, celle-ci reste sous-diagnostiquée. Un autre
problème est l’adhérence thérapeutique des patients, qui peinent à soutenir dans
le temps les traitements préventifs d’une affection souvent peu symptomatique. Le
traitement parentéral par acide zolédronique (Aclasta®) est une réponse adaptée et
efficace à cet écueil. Le Pr Devogelaer nous fait part de son expérience.
RédactionTempo Médical, d’après une interview du
Pr Jean-Pierre Devogelaer, Service de Rhumatologie, Cliniques Universitaires St-Luc.
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