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PSYCHIATRIE
Tout d’abord celle du bupropion, à l’ac-
tion antidépressive à la fois dopaminergi-
que et noradrénergique. Plus récemment,
un retour plus inattendu, le rôle de la DA
dans le mécanisme d’action des neurolep-
tiques atypiques dans les phases mélanco-
liques des troubles bipolaires. Nous
connaissions depuis l’hypothèse de Carlson
l’importance du blocage des récepteurs
D2, induit par les neuroleptiques typiques
et atypiques, dans le traitement de la schi-
zophrénie. Par contre, le fait de moduler
cette même DA à la hausse comme peut le
faire directement un agoniste partiel tel
l’aripiprazole ou indirectement tel la quetia-
pine via les récepteurs 5HT1A, 5HT2A,
5HT2C, sans oublier l’action antidépres-
sive noradrénergique, via son métabolite la
norquetiapine, nous alloue à une nouvelle
donne thérapeutique.
Dans la pathophysiologie de la dépression,
historiquement, la DA n’a pas reçu l’atten-
tion accordée à la 5HT et à la NA. Le sys-
tème dopaminergique était considéré
comme n’ayant aucune importance dans la
biologie des troubles dépressifs avec l’ex-
ception d’un rôle central dans la dépression
psychotique (Schatzberg 1985).
De multiples évidences cependant impu-
tent au système dopaminergique un rôle im-
portant dans la pathologie de la dépres-
sion. Citons parmi celles-ci : les altérations
des fonctions dopaminergiques des patients
dépressifs, les troubles de l’humeur chez les
patients souffrant d’autres affections qui
affectent le système dopaminergique, prin-
cipalement le Parkinson, et enfin la réper-
cussion sur l’humeur des produits qui altè-
rent la transmission dopaminergique.
Rappelons finalement que certains antidé-
presseurs agissent via la DA.
La transmission dopaminergique est me-
surée via l’acide homovanilique (HVA) dans
le liquide céphalo-rachidien (LCR). La
concentration de HVA reflète indirectement
l’activité des neurones dopaminergiques.
Ainsi des niveaux bas de HVA ont été détec-
tés chez les patients dépressifs ayant ac-
compli un acte suicidaire (Roy 1985-1992
et Reddy 1992).
Dans la pathophysiologie de la dépression,
historiquement,
la DA n’a
pas reçu l’attention accordée
à la 5HT et à la NA.
Le retour à l’avant-plan de la dopamine
Fin des années 70, la sérotonine (5HT) occupait le haut du
pavé dans la genèse de la physiopathologie dépressive.Elle
fut relayée au début des années 90 par les produits duaux,
réintroduisant ainsi la noradrénaline (NA), délaissée depuis
la relative disparition des tricycliques et ce non en fonction
de leurs propriétés noradrénergiques mais suite à la
problématique anticholinergique et aux effets secondaires
qui y sont liés.
Actuellement, la dopamine (DA), l’oubliée de la
neuromodulation depuis la disparition de la nomifencine,
accomplit un retour sous plusieurs formes.
Auteur :DrA.R.De Nayer, Service de Psychiatrie,
Grand Hôpital de Charleroi, Site Sainte-Thérèse.
TEMPO MÉDICAL – FÉVRIER 2012 –
DRANDRÉ DE NAYER
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