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DOSSIER DU MOIS
TEMPO MÉDICAL – FÉVRIER 2012 –
Les jeunes enfants ne se plaignant jamais
de mal entendre ou de ne pas entendre, il
convient, chez eux, d'être attentif à des
symptômes tels que le retard de langage ou
l'isolement par rapport au monde environ-
nant. Le dépistage néonatal systématique
de la surdité pratiqué dans notre pays ne
doit pas éteindre la vigilance, puisque des
surdités évolutives peuvent se révéler au
cours des premières années de l'existence.
L'otite séromuqueuse se traduit également
par un déficit auditif, qui peut atteindre 40
à 50 décibels. Il ne faut donc pas négliger
la présence de cette pathologie car, comme
le souligne le Pr Philippe Lefebvre, un tel
déficit peut occasionner, lui aussi, un retard
d'acquisition du langage et un repli sur soi.
"S'il perçoit des symptômes de ce type, le
généraliste ne doit jamais hésiter à convier
l'enfant à une mesure d'audition chez un
spécialiste"
, dit-il.
"Une idée reçue veut
qu'on ne puisse effectuer cette mesure
avant l'âge de six ans. Faux ! Elle peut se
réaliser à tout âge, y compris chez le nou-
veau-né."
Cette mission de prévention est d'autant
plus salutaire que les premiers symptômes
observés en entraînent d'autres. Ainsi, la
qualité du langage écrit dépend largement
de celle du langage oral acquis préalable-
ment. La surdité peut donc être à l'origine
de problèmes de dysorthographie et au-
tres. Avec toutes les répercussions psycho-
logiques que ces ‘écarts par rapport à la
norme’ risquent d'engendrer chez l'enfant.
Chez les adolescents et les jeunes adultes,
la prévention en médecine générale doit
essentiellement être axée sur les traumatis-
mes sonores. Eviter de sortir trop souvent
en boîte, ne pas se placer à proximité immé-
diate des haut-parleurs lors des concerts de
musique, ne pas ‘faire crier’ son baladeur
ou la radio de sa voiture… De simples
conseils de bon sens épousant la notion de
juste milieu.
Dans le même ordre d'idées, le généraliste
sera soucieux de la situation de ses pa-
tients amenés à exercer leur activité profes-
sionnelle dans des milieux bruyants. Présen-
tent-ils des signes de dégradation de
l'audition ? Connaissent-ils et appliquent-ils
les conseils de prudence requis ?
Les phénomènes d'otorrhée doivent égale-
ment faire l'objet d'un contrôle préventif par
le médecin de famille. Ils constituent une
des principales signatures de l'otite chroni-
que, dont on connaît le potentiel destruc-
teur sur la chaîne des osselets et l'os de la
mastoïde, surtout quand il y a présence
d'un cholestéatome. En cas d'otite chroni-
que, il y a lieu d'orienter le patient vers un
spécialiste ORL en vue de l'établissement
d'un bilan de santé de l'oreille.
"Cette affec-
tion est plus fréquente dans les milieux so-
Le dépistage néonatal
systématique
de la surdité pratiqué
dans notre pays
ne doit pas
éteindre la vigilance
, puisque des
surdités évolutives peuvent se révéler au
cours des premières années de
l'existence.
Le généraliste, clé de voûte de la
prévention de la surdité
Le rôle du médecin généraliste est essentiel dans la
prévention des problèmes de surdité. La nature de cette
intervention diffère cependant selon l'âge du patient.
Auteur : Philippe Lambert.
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