Tempo Digest 78

Cependant, d’après les résultats de l’étude de cohorte internationale PURE, les produits laitiers pourraient constituer un facteur protecteur vis-à- vis des maladies cardiovasculaires. Pour parvenir à ces conclusions, les chercheurs ont analysé les consommations de produits laitiers (lait, yaourt et fromage) de 136 384 personnes âgées de 35 à 70 ans, suivies pendant 9 ans, dans 21 pays. Les produits laitiers ont été ensuite regroupés selon leur composition, respectivement en entiers versus allégés en graisse. Le critère de jugement principal a combiné la mortalité et divers événements cardiovasculaires majeurs: décès d’origine cardiovasculaire, infarctus du myocarde (IDM) non létal, accident vasculaire cérébral (AVC) ou encore insuffisance cardiaque. Résultats? Durant les 9,1 années de suivi, 6796 décès et 5855 événements cardiovasculaires majeurs, tels que définis précédemment, se sont produits. Par rapport aux personnes ne consommant pas ou peu de produits laitiers, celles qui en consommaient plus de deux par jour présentaient des risques réduits – de 15 à 20% – de mortalité et d’événements cardiovasculaires majeurs, en particulier d’accidents vasculaires cérébraux (réduction du risque atteignant ≈35% pour ces derniers). Les mêmes tendances ont été observées avec le lait et le yaourt, dès lors que leur consommation était supérieure à 1 portion/jour (telle que définie précédemment), soit un HR de 0,86 à 0,90 pour ce qui est du critère de jugement principal (respectivement p=0,0529 et p=0,0051 versus 0 par jour). Le fromage et le beurre n’ont pas eu d’incidence sur le pronostic vital et cardiovasculaire. Cette cohorte internationale multi-ethnique prospective met ainsi en évidence une relation inverse entre la consommation de produits laitiers et, d’une part la mortalité globale, d’autre part, le risque d’événements cardiovasculaires majeurs. La démonstration vaut surtout pour le lait et le yaourt, le fromage n’apparaissant pas avoir d’impact dans cette étude. Ces résultats concordent avec ceux des essais randomisés antérieurs et des méta-analyses portant sur les études d’observation disponibles. Pour conclure, l’étude PURE recommande, non pas de déconseiller la consommation des produits laitiers même entiers, comme cela est suggéré dans certaines recommandations, mais au contraire de l’encourager, a fortiori dans les pays à revenu faible ou moyen où les maladies cardiovasculaires sévissent à une grande échelle. Les produits laitiers sont en effet une source d’apports nutritionnels précieux pour la santé et la prévention de nombreuses pathologies chroniques, leur action globalement bénéfique l’emportant sur leur risque athérogène théorique. Références: - Dehghan M et coll.Association of dairy intake with cardiovascular disease and mortality in 21 countries from five continents (PURE): a prospective cohort study. Lancet 2018. Publication avancée en ligne le 11 septembre. https://doi.org/10.1016/S0140-6736( 18)31812-9 - Conseil Supérieur de la Santé, Recommandations nutritionnelles pour la Belgique, 2016. - Arnett et al., 2019 ACC/AHA guidelines on the primary prevention of cardiovascular diseases - 2016 European guidelines for CVD prevention in clinical practice RISQUE CARDIOVASCULAIRE ET PRODUITS LAITIERS: une étudemondiale fait la part des choses Les messages à propos de la consommation de produits laitiers dans le cadre d’une alimentation saine et recommandée en prévention cardiovasculaire sont très hétérogènes, voire contradictoires d’un pays à l’autre. Les résultats de l’étude de cohorte internationale dite PURE (Prospective Urban Rural Epidemiology Study) à laquelle ont participé 21 pays répartis sur 5 continents leur redorent le blason. Dr S. Audali Les produits laitiers n’ont pas toujours la cote dans les recommandations nutritionnelles. Même si les consommateurs français continuent à prôner leurs 3 produits laitiers par jour, les guidelines internationales conseillent largement de remplacer les produits entiers par des produits écrémés voire d’éliminer le beurre, la crème et autres fromages vieux ou riches en graisse. Les recommandations belges conseillent la limitation des acides gras saturés à 10% de l’énergie et se voit complétée, à l’instar des recommandations françaises, par une limitation des acides gras saturés athérogènes (C12, C14 et C16) à max. 8% de l’énergie totale. Ces recommandations alimentaires incitant à restreindre l’apport de produits laitiers entiers sont en vigueur dans de nombreux pays. Elles s’appuient sur leur teneur en lipides et acides gras saturés accusés d’altérer le profil lipidique en augmentant son potentiel athérogène et en favorisant la survenue d’une maladie cardiovasculaire (MCV). Les arguments qui soutiennent cette politique restrictive sont pourtant peu nombreux et assez mal étayés. Le tabagisme en Belgique Pourquoi arrêter ? Comment arrêter ? 22 % 65 % 7 millions -6 ans -9 ans 3 ème cause 400 000 65 % 31 MAI : JOURNÉE MONDIALE SANS TABAC Maladies respiratoires: 3 ième cause de mortalité 5 ans sans tabac : diminution notable du risque de cancer du poumon Source : www.journeesanstabac.be En Belgique, 400 000 personnes sou˜r ent de BPCO voudraient arrêter des fumeurs regrettent d’avoir commencé à fumer de la population belge fume Le tabac tue plus de 7 millions de personnes chaque année dans le monde Médicaments pour arrêter de fumer : définitivement avec une pharmacothérapie et le soutien approprié d’un professionnel de la santé Sans soutien : Seuls 3 à 5 % des fumeurs encore abstinents après 6 à 12 mois L’espérance de vie d’un fumeur quotidien raccourcit de près de 9 ans pour les hommes et de presque 6 ans pour les femmes Le tabagisme passif peut être responsable de nombreuses maladies chez le non-fumeur Maladies respiratoires 1 fumeur sur 4 risque de développer une BPCO Près de 9 cas sur 10 de cancer du poumon sont causés par le tabac 90% des morts causées par le cancer du poumon concernent les fumeurs 80% des fumeurs qui meurent de BPCO sont fumeurs 3x plus de chance d’arrêter 30 % chances d'arrêt définitif x 2 Aider à trouver la motivation: Evaluation de la dépendance à la nicotine (test de Fagerström)˜: 6 questions su‘sent 3 mois sans tabacš: augmentation de la capacité pulmonaire de 30% 3 mois 5 ans 8 | 78 TEMPO–DIGEST MEDICAL NEWS INFOGRAPHIE

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