Tempo Digest 76

PRISE EN CHARGE DU DIABÈTE chez le sujet âgé C’est le professeur Nicolas Paquot (ULiège, CHU Liège) qui a ouvert le symposium avec un sujet particulièrement intéressant pour les cliniciens, celui d’adopter la prise en charge du diabète recommandée pour les patients âgés. Il rappelait d’entrée de jeu que le dernier consensus de l’ADA-EASD met particulièrement le patient au centre du traitement et que le choix des attitudes thérapeutiques doit tenir compte de l’ensemble des caractéristiques de chaque patient. Il convient ainsi de tenir compte de ses attentes, de ses risques particuliers, des contraintes, afin de traiter tout en offrant la meilleure qualité de vie. En ce qui concerne les patients âgés, définis comme âgés de plus de 75 ans, ceux-ci constituent un groupe extrêmement hétérogène. On peut ainsi différencier les personnes autonomes actives et vigoureuses, des personnes plus fragiles et avec un handicap ou encore des dépendantes grabataires. Même s’il faut éviter chez toutes ces personnes le risque d’hypoglycémies, on adaptera les décisions thérapeutiques en fonction de ces caractéristiques. Ainsi, on pourra adopter les schémas recommandés par l’ADA-EASD pour les patients encore vigoureux mais on adaptera autant l’objectif glycémique que les attitudes thérapeutiques chez les patients fragiles . « Un objectif de HbA1c plus élevé (de 7.5 à 8.5%) pour les patients fragilisés me semble de bon sens » expliquait N. Paquot. De plus, il faut éviter tant que se peut les effets secondaires tels que les effets digestifs et rénaux, et tenir compte des potentiels effets sur les comorbidités. La metformine par exemple est recommandée chez les patients en bonne forme mais elle entraîne des effets secondaires à tenir à l’œil chez les patients les plus fragiles. En deuxième ligne de traitement aussi, on préférera les gliptines pour leur faible risque d’hypoglycémies et la possibilité de les administrer en cas d’insuffisance rénale. Et on passera peut-être plus vite à l’insuline que chez des patients plus jeunes. Enfin, « en pratique, on peut dans certains cas s’abstenir de recourir à des médicaments. A partir du moment où l’espérance de vie est limitée, il faudrait viser plutôt le confort de vie et éviter le risque d’hypoglycémies sévères » c oncluait le professeur Paquot. DIABÈTE DE TYPE 1 : nouveautés en matière de suivi de la glycémie On le sait, le monitoring fréquent du glucose sanguin est indispensable pour tous les patients diabétiques. Le professeur L. Crenier (Hôpital Erasme-Bruxelles) nous a parlé des nouveautés technologiques permettant de le faciliter ou d’améliorer son adoption par les patients ainsi qu’optimiser la prise en charge de leur diabète. Jusqu’aux années 2015, ce sont les mesures de glycémie capillaires qui étaient le standard, les patients se piquaient ainsi quotidiennement, plusieurs fois par jour, dans les doigts pour suivre l’état de leur glycémie. Depuis, la mise au point de techniques actuelles, connectées, permet de proposer des outils plus modernes et adaptés à la vie active des patients. Ce sont les systèmes de Flash Glucose Monitoring (FGM) et de monitoring du glucose en continu (CGM). Dans le premier cas, le patient « scanne » avec son smartphone par exemple un détecteur placé sur le bras et peut lire sur son écran la glycémie ainsi que la tendance à la hausse ou à la baisse. Dans le second, la mesure du glucose dans le tissu interstitiel se fait en continu et est transmise par bluetooth automatiquement à un écran connecté (smartphone ou montre par exemple), qui selon des paramètres prédéfinis peut enclencher une alarme en cas d’hypoglycémie. Des applis permettent également à ces patients de partager avec leurs soignants ou leurs proches les résultats de ces mesures. Les systèmes de mesure en continu, qui ne demandent donc pas de démarche active de scan et proposent d’alerter le patient en cas d’hypoglycémie sont particulièrement utiles dans deux cas particuliers : les patients sportifs ou très concentrés durant de longues périodes dans leur activité professionnelle (acteur, enseignant, artisan, etc.) qui ne peuvent se scanner souvent ou ceux qui sont devenus avec le temps insensibles aux signes d’hypoglycémie. Enfin, l’intérêt de ce monitoring couplé à la pompe à insuline est évident, la réaction d’adaptation du dosage d’insuline étant fortement accélérée. Cette pompe augmentée, sorte de pancréas artificiel, sera probablement améliorée dans les années futures. « L’étude belge RESCUE a montré une réduction des hospitalisations liées au diabète, de l’absentéisme au travail ainsi qu’une amélioration de la QoL après adjonction du CGM à une pompe à insuline (SAP) chez des diabétiques de type 1 » expliquait Laurent Crenier, persuadé que l’avenir verrait s’intensifier le développement de nouveaux senseurs connectés, couplés à l’Intelligence Artificielle et ouvrira de nombreuses opportunités. Congrès Diabetes 2018 : une septième édition très suivie Pour sa septième édition, le congrès « Diabetes » a regroupé à Bruxelles le 1er décembre dernier de nombreux médecins généralistes venus assister aux présentations d’éminents spécialistes belges invités par l’asbl iCANN Life Sciences et le Dr J.C. Daubresse, organisateurs scientifiques. Les sessions en français furent modérées par les professeurs émérites M. Buysschaert (UCL) et A. Scheen (ULiège). Pr Nicolas Paquot (ULiège, CHU Liège) Pr L. Crenier (Hôpital Erasme-Bruxelles) 1. Change In HbA 1c from baseline 3. Admission to the hospital for severe hypoglycaemic or ketoacidosis episodes 4. Reduction in hospitalisation days from 53.5 to 17.8 days per 100 patient-years 5. Quality of life improved significantly, with a strong decline in fear of hypoglycaemia 2. Hypoglycaemia Baseline : 7.7 ± 0.9% 12 months : 7.4 ± 0.8% No. at risk 259 299 299 274 200 Δ -30% R.R. p<0.0001 11.0 9.5 % in trypo 12 8.6 ***p<0.001 *** *** *** *** 8.3 7.6 Voor before reimbursement Voor after reimbursement p<0.0005 16% 4% RESCUE trial : Effect of sensor-augmented pump therapy 9 5 Pre 1 N 4 N 6 N 12 N Retrouvez le compte-rendu complet du congrès Diabètes et toutes les vidéos interviews sur www.medisquare.be/index.php/ rapport-de-congres-diabetes-2018/ CONGRESS NEWS RENCONTRES EN ENDOCRINOLOGIE 1 ER DÉCEMBRE 2018 DIABÈTES Charleer et al. J Clin Endocrinol Metab 2018;doi:10.1210/jc.2017-02498 [Epub ahead of print]

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