Tempo Digest 76

Jules Bordet lance un OUTIL WEB INTERACTIF pour accompagner les patients dans leur choix. Est-ce que je dois participer à cet essai clinique  ? Telle est la question que de nombreux patients se posent au cours du traitement de leur cancer. En effet, avec plusieurs centaines d’essais cliniques lancés chaque année, les patients atteints de cancer ont la possibilité d’accéder à de nouveaux traitements prometteurs. Cependant, comprendre et décider de participer à un essai clinique n’est pas toujours évident. C’est pourquoi, à l’occasion du 21 ème congrès annuel de la BSMO ( Belgian Society of Medical Oncology ) qui a eu lieu le vendredi 22 février à Liège, l’Institut Jules Bordet a lancé un outil web interactif pour accompagner les patients dans leur choix. Afin d’expliquer les particularités des essais cliniques et de guider les patients dans leur décision, le service de Médecine Oncologique de l’Institut Jules Bordet, dirigé par le Professeur Ahmad Awada, a développé un outil interactif trilingue, appelé IREN: Informés sur la Recherche, ENgagés pour de meilleurs traitements. Cet outil, disponible en ligne, est composé d’animations et de vidéos. Il permet aux patients de passer en revue tous les sujets abordés dans le Document d’Information et de Consentement (DIC) que le médecin-chercheur leur transmet avant de participer à l’essai clinique. Les informations et les questions proposées par l’outil permettent ainsi au futur participant de décider plus sereinement. Patrick Miqueu, responsable de la promotion de la recherche et du partenariat patient à l’Institut Jules Bordet, indique: «En tant que centre de référence de lutte contre le cancer, l’Institut Jules Bordet a souhaité mettre cet outil à disposition de tous les patients belges. En effet, c’est en offrant aux patients les ressources dont ils ont besoin pour comprendre les recherches proposées, que ceux-ci s’engageront avec les professionnels dans un vrai partenariat, et que les progrès médicaux seront les plus importants et les plus rapides» . L’outil IREN a été développé avec l’aide d’une vingtaine de professionnels et de deux patients-partenaires de l’Institut Jules Bordet. L’Unité de Conduite des Essais Cliniques (CTCU) de l’Institut Jules Bordet a obtenu, en 2016, le Pfizer Oncology Award pour la réalisation de ce projet. Patrick Miqueu a bénéficié du soutien des Amis de l’Institut Bordet et d’une bourse des Fonds Damman-Latrique et Detournay. Découvrez le nouvel outil IREN sur www.bordet.be/iren Quid de l’effet « COCKTAIL PARTY » sur les enfants  ? L’effet « cocktail party », c’est la capacité que nous avons, dans un environnement bruyant (comme par exemple un cocktail) à isoler la voix de notre interlocuteur du bruit environnant afin de suivre et comprendre ce qu’on nous dit. Cette capacité est moins bien développée chez les enfants : de nombreuses études comportementales ont démontré qu’ils comprennent moins bien que les adultes le langage dans le bruit. Pourquoi  ? Quels sont les mécanismes cérébraux à l’origine de cette différence entre enfants et adultes  ? Des chercheurs de l’ULB – ULB Neuroscience Institute , UNI - et de l’Hôpital Erasme – Unité de Magnétoencéphalographie, MEG –, associés à une équipe finlandaise viennent d’apporter une réponse. Emmenés par Marc Vander Ghinst, Mathieu Bourguignon et Xavier De Tiège, les chercheurs ont montré que le cerveau des enfants perd plus rapidement la capacité de suivre le rythme des mots et des phrases de la voix d’intérêt, au fur et à mesure que l’intensité du bruit de fond augmente. Les chercheurs observent aussi que le cerveau des enfants suit le rythme des syllabes de la voix d’intérêt de manière beaucoup plus limitée que ne le fait celui des adultes, et cela tant dans le silence que dans le bruit. Ces résultats démontrent que les difficultés des enfants à comprendre le langage dans le bruit sont liées à un suivi immature du rythme de la voix d’intérêt dans un bruit de fond. Ils montrent aussi que la capacité du cerveau à suivre les syllabes de la voix d’intérêt dans le silence et dans le bruit se développe avec l’âge. Publiée le 11 février dernier dans le Journal of Neuroscience , cette étude met en évidence l’importance d’adapter l’environnement des enfants (notamment en milieu scolaire) à leurs capacités d’écoute dans le bruit. Elle jette aussi les bases de l’étude des mécanismes impliqués dans les troubles développementaux tels que la dyslexie, associée à des difficultés précoces de compréhension du langage dans le bruit. Vander Ghinst M., Bourguignon M., Op de Beeck M., Wens V., Marty B., Hassid S., Choufani G., Jousmäki V., Hari R., Van Bogaert P., Goldman S., and De Tiège X. Cortical tracking of speech-in noise develops from childhood to adulthood. J Neurosci, 2019. Huit médecins sur dix victimes d’ ERREURS MÉDICALES Un patient sur dix est victime d’un incident médical. Une nouvelle étude de la KU Leuven révèle que les prestataires de soins de santé souffrent également. Ce sont des victimes au second degré. Une infirmière qui, après une erreur médicale, n’ose plus poser de sondes. Un physiothérapeute qui revit la nuit où il n’a pas pu éviter la chute d’un patient. Un pharmacien qui pense à s’arrêter après avoir fait la mauvaise préparation. Un effet qui, selon les experts, « est totalement sous-estimé », parce que les victimes au second degré ont du mal, prennent souvent des somnifères et veulent parfois tout laisser tomber. Selon une étude récente de l’Organisation mondiale de la santé et de l’OCDE, un patient sur dix vit une expérience qui aurait pu être meilleure. En outre, elle indique qu’environ 40% de ces incidents auraient pu être évités. « Il s’agit souvent d’erreurs du système», explique le professeur Kris Vanhaecht (KU Leuven), chargé de cours sur la sécurité des patients. «Alors ne pensez pas qu’il s’agit toujours de mauvaises actions ou d’erreurs. Parfois il y a une infection, une complication, quelque chose qui est découvert tardivement. Et même si la responsabilité n’incombe pas seulement au médecin, il peut souffrir énormément.» Dans une étude à grande échelle, le professeur Vanhaecht a interrogé 7.000 médecins et infirmières néerlandais dans trente hôpitaux. Huit sur dix ont déclaré être des victimes au second degré. Environ 30% ont même été impliqués dans un incident grave, avec des dommages permanents ou la mort. Après un incident aussi violent, une personne sur trois souhaitait quitter temporairement le travail. Si un incident donne lieu à une procédure disciplinaire, l’impact est encore plus grand, selon une enquête distincte menée auprès de 2.500 prestataires de soins de santé. En conséquence, les doutes sur ses propres compétences augmentent encore plus et le risque d’erreurs augmente. Colloque : Etat des lieux de la pharmacie ambulatoire Le Pharmacien est devenu un véritable acteur des soins de santé. Il délivre des médicaments, accompagne le patient et le conseille. Pour autant, quel est son impact réel sur la santé publique dans un contexte où le patient est de plus en plus pris en charge en ambulatoire  ? Qu’apportent la pharmacie clinique et les soins pharmaceutiques  ? Le colloque aura lieu le 22 mars 2019 de 13h30 à 17h30, à l’auditoire Denis Mukwege (J), Campus Erasme, Anderlecht. Inscription gratuite : Alicia.Gaurois@erasme.ulb.ac.be Joint symposium Micro-organisms bridging ages! Mutual benefits of vaccination Thursday 4 th April 2019 Campus Erasme – Musée de la médecine + Auditorium Bremer (english spoken) Programme and registration form : Elise.brisart@erasme.ulb.ac.be Évaluation du risque du pied diabétique Campus Erasme Auditoire Bremer, route de Lennik 808, 1070 Bruxelles Samedi 27 avril 2019 de 8h30 à 13h Inscriptions obligatoires (50 €) avant le 10 avril 2019 à abd.diabete@diabete-abd.be 12 | 76 TEMPO–DIGEST MEDICAL NEWS AGENDA

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