Tempo digest 73

ET SI ON CONJUGUAIT ARISTOTE AU TEMPS PRÉSENT? C’est ce que tente de faire Edith Hall, professeur d’études classiques au King’s College de Londres, dans son livre de vulgarisation «Aristotle’s way ». «Grâce à Aristote, j’ai découvert un système éthique non religieux, aux arguments solides pour une bonne vie » Déclare E.Hall qui a noté ses constatations dans «Aristotle’s way ». Ses collègues n’ont pas tous réagi de manière enthousiaste, estimant que son livre est très vulgarisant, un commentaire que Hall prend pour un compliment. «Aristote aussi trouvait important de donner des conférences publiques à côté de son travail scientifique. Toutes les après-midi, chacun était le bienvenu à son université : paysans, pêcheurs, etc. Il leur donnait des conseils éthiques : comment prendre une bonne décision, qu’est-ce que l’amitié, etc. » « Le grand objectif d’Aristote était l’eudaimonia. On pourrait le traduire en bonheur, mais non dans sa version moderne et souvent superficielle. Pour lui, le bonheur est un projet : il faut établir un plan de vie en fonction de ses talents. L’aspect positif de cette philosophie c’est que chacun peut devenir heureux : même celui qui subit de gros revers peut décider d’être une bonne personne et de mener une bonne vie » explique-t-elle. «De nos jours, Aristote trouverait certainement qu’un emploi à temps partiel est une bonne idée » , affirme Hall. «Ce n’est que pendant son temps libre qu’on peut choisir ce qu’on fait et avec qui. Regarder le football avec tout le village ou assister à une noce : cela rend heureux et cela renforce la communauté. » Aristote aimait bien l’exercice physique aussi, mais il cherchait surtout l’élargissement spirituel. Il le trouvait dans la littérature classique. « Les drames grecs peuvent sembler pédants, mais c’était la culture populaire de l’époque. Si Aristote vivait aujourd’hui, il regarderait certainement Netflix et apprécierait des séries non violentes. » En revanche, il n’aimerait pas Facebook. «Pour Aristote, l’amitié et l’affection étaient primordiales, sa «philia » indique la confiance mutuelle et la bonne volonté. C’est ce qu’on voit le plus dans l’amour maternel, mais d’après Aristote on peut très bien avoir ce genre de lien avec un ami. Les amis pour qui on se couperait vraiment en quatre se comptent pour Aristote sur les doigts de la main. Il trouverait donc absurde d’avoir 500 « amis » sur Facebook. Aristote procure aussi de sages leçons sur l’éducation, toujours d’application de nos jours. Si nous voulons que les enfants trouvent le bonheur, nous devons les stimuler à découvrir leurs talents. Non en les poussant vers les leçons de violon, mais en les exposant à toutes sortes d’activités pour regarder ce qu’ils aiment. Il est également primordial que les enfants apprennent à débattre pour se défendre et percer à jour les mensonges d’autrui, des politiques aux fake news. » Aristotle’s Way, How Ancient Wisdom Can Change Your Life, by Edith Hall - Bodley Head, Published 3 rd May 2018 10 | 73 TEMPO–WELLNESS L’INDUSTRIE DU PORNO FACE À UNE DISRUPTION TECHNOLOGIQUE Digitalisation, ubérisation, intelligence artificielle, sex-toys connectés, robots sexuels… L’industrie du porno vit, comme toutes les autres, sa révolution technologique. Dans son livre Planète Porn, enquête sur la banalisation du X paru récemment aux éditions Stock, la journaliste française Marie Maurisse raconte comment la digitalisation et la soudaine gratuité du porno ont bouleversé cette industrie singulière. « L’informatique et Internet, efficacement combinés, ont modifié radicalement certains usages et pratiques. » Un phénomène qui, pour le secteur du porno, s’est développé grâce à la plateforme d’hébergement de vidéos YouTube. Créée en 2005, c’est elle qui a construit le modèle économique dans lequel des sites beaucoup plus osés comme Youporn, Pornhub et Xvideos se sont engouffrés. Soudainement, on a assisté à « une diffusion massive, gratuite, décomplexée, banalisée » du X dans les maisons, résume M. Maurisse. « La digitalisation a eu des conséquences négatives, comme le piratage et la non- protection des mineurs. Mais il ne faut pas négliger ses aspects positifs. Par exemple en termes de communication, de distribution des contenus, d’accessibilité. Elle a aussi fait naître des nouveaux types de services et permet d’éprouver de nouvelles sensations. » « Les sites gratuits ne tuent pas le business, raconte Joe , un petit producteur indépendant dans le livre Planète Porn. Au contraire, il faut les voir comme un outil de communication. Moi, je mets des petits clips sur YouPorn. Et si ça plaît aux gens, ils vont ensuite sur mon site et sortent leur carte bleue. » Le problème, c’est que l’on se retrouve aujourd’hui avec des sociétés historiques spécialistes du porno qui suivent les réglementations en vigueur et de nouveaux acteurs surpuissants qui agissent dans la plus grande illégalité et qui, par leur taille, deviennent incontournables et sont finalement acceptés. On est en présence d’un système mafieux qui met en danger l’ensemble de l’industrie. Autre phénomène des temps modernes : l’ubérisation du porno. « La démocratisation de la pornographie a en effet fait émerger des acteurs évoluant dans une zone grise, loin des normes qui étaient en vigueur dans les années prospères du marché, confirme Marie Maurisse . Aujourd’hui, des vidéastes ‘amateurs’ tournent discrètement, avec de petites caméras ou même leur téléphone, et se sont lancés dans une forme d’auto-entrepreneuriat. » D’autre part, le phénomène des « cam-girls » a lui aussi bouleversé, ces dernières années, l’industrie du porno. Concrètement, une femme se livre en direct, sur un site web spécialisé, à un strip-tease ou à un spectacle pornographique privé pour un client qui la paie à la prestation (en moyenne 3 euros la minute, somme qui est partagée entre l’effeuilleuse et le site hébergeur). Ce peep-show personnalisé par écran interposé est le plus souvent l’apanage de femmes indépendantes qui peuvent travailler où et quand elles le souhaitent. Nouvel eldorado de l’industrie du X, le marché des « cam-girls » génèrerait aujourd’hui un chiffre d’affaires de 2 à 3 milliards de dollars par an, d’après les spécialistes. La raison de ce succès est relativement simple : l’internaute ne se contente plus de cliquer sur des vidéos que tout le monde peut voir, il préfère construire sa propre expérience exclusive et personnalisée avec une femme qu’il a choisie et avec laquelle il peut aussi discuter avant d’exprimer ses fantasmes. Le facteur humain, si l’on ose dire, expliquerait la montée en puissance de ce nouveau genre de contenu. Source : Trends-tendances LE SPERME MATINAL EST LE MEILLEUR Des scientifiques de Zurich ont recueilli 12200 échantillons de sperme, et établi que la semence de meilleure qualité est celle éjaculée dans la matinée. La nature favorise donc la fécondité grâce au pic de testostérone du petit matin… après une bonne nuit au frais. & LifeStyle COIN COQUIN C’est la rentrée !

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